Sur le RING

La solution finale du camp Hollande

SURLERING.COM - LES PAGES ROUGES - par Maximilien Friche - le 12/03/2012 - 18 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

8 mars, journée de la femme : François Hollande en meeting à Reims a dit qu’il souhaitait "que tous les établissements hospitaliers de notre pays puissent être dotés d'un centre IVG". 7 mars, veille de la journée de la femme, l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) lance sa campagne pour la promotion de l'euthanasie. On y voit les trois candidats opposés à la légalisation, Le Pen, Sarkozy et Bayrou sur leur lit de mort. Cette campagne épargne soigneusement Hollande, en le plaçant ainsi dans le camp du bien, celui de la légalisation. 22 févier, le candidat PS à la présidentielle a déclaré que, s'il était élu en mai, il demanderait au parlement de modifier la loi de 2011 révisant les lois bioéthiques, "afin d'autoriser la recherche sur les cellules souches embryonnaires". Il y a déjà plusieurs mois, par la proposition 31 de son programme, François Hollande énonçait cette grande ambition devenue banale : "  J’ouvrirai le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels." Tout est dit. Hollande a choisi son camp, celui du toujours plus moderniste érigé comme principe, au risque de tourner le dos à l'idée même de civilisation.




Et quoi qu'en disent les commentateurs politiques, le débat de cette campagne présidentielle n'est pas si fade que ça. La radicalisation de la droite et de la gauche sur leurs valeurs a lieu au-delà des nuances et sensibilités. Une ligne de fracture s’est dessinée, et il faut remercier en cela l’ADMD de nous en avoir fait prendre conscience, faisant émerger deux types de société possible. Dans un pays devenu paradoxal, où le pouvoir constitue le seul et unique contre-pouvoir, il est capital de ne pas se tromper d’ennemi. Le choix qui s’offre aux Français est d’un côté le camp de la civilisation, de l’autre le camp de la mort. Hollande veut faire rattraper son retard pris durant cinq ans par la France sur la marche inéluctable du déclin de l’Occident.

Déni de naissance

Commençons par le moins grave a priori. Ce qui est à nos yeux devenu moins grave grâce au travail de rééducation du peuple opérée par le corps intermédiaire des médias et le corps intermédiaire de la culture « téléfilm ». Une des premières lois que fera voter Hollande sera l’autorisation du mariage et de l’adoption par des homosexuels. Ce n’est pas cher, cela permet de tenir une promesse de campagne à bas prix, et cela permet de réaliser un pas de géant pour le modernisme avec toute la caractéristique de ce modernisme, c'est-à-dire son caractère irrévocable pour les mentalités populaires dans l'avenir. Afin de marquer cet engagement socialiste, une cérémonie a eu lieu samedi 3 mars, sur l'esplanade François Mitterrand de Toulouse, où trois couples (gay, lesbien et hétéro) ont été unis symboliquement par un adjoint au maire de la ville. (1) Bien sûr, il est difficile de s’opposer à cette future loi sans être a priori coupable d’homophobie. Néanmoins, d’un point de vue de civilisation, promouvoir l’homosexualité, mettre l’homosexualité au rang de l’hétérosexualité, revient à fournir un nouveau modèle de société. Ce nouveau modèle tend à revenir sur la naissance de chacun, à ne pas rendre grâce à la condition incontournable qui permet la naissance de chacun. Le résumé nous est donné par les slogans des contre-manifestations à la gay pride : « Nous sommes tous des enfants d'hétéros. » Sans papa et maman, je n’aurai pas la chance d’exister aussi homosexuel que je suis. Légaliser le mariage et l’adoption pour les homosexuels revient à ne plus rendre cet hommage et à se condamner d'avance.

Déni de vie

Depuis plusieurs années de lutte acharnée, l’IVG fait partie du paysage des droits de l’homme (et de l’enfant). Impossible de débattre sur le recours aux IVG « à la place de la contraception », impossible de débattre sur les dérives eugénistes de l’avortement thérapeutique, impossible de tirer des bilans et d’analyser les chiffres. Ce serait « dégueulasse » comme dirait la gentille journaliste en mal d’amour Pascale Clark (2). Et dans ce domaine non plus, nous n’avons pas touché le fond, et Hollande peut continuer de promettre plus trash encore. Il a choisi le jour de la journée de la femme pour annoncer un regain en la matière : chaque hôpital public sera gréé d’une structure d’avortement afin d’en faire un réel service de proximité. Pour Jean-Claude Magnier, co-président de l’Association nationale des centres d’IVG et de contraception, c'est une bonne nouvelle. Il va même jusqu'à imaginer des équipes itinérantes (3). Même si ce n’est pas l’offre qui crée totalement la demande, on ne peut que remarquer la volonté de Hollande de relancer une fracture dans le pays en se rendant maître des valeurs modernistes et de l’histoire du modernisme.

Comme Hollande pour suivre Sarkozy s’est remis à égrener, à saupoudrer, à distiller ses propositions, nous avons eu droit le 22 février dernier,  à l’annonce de la relance de la recherche sur les cellules souches. Il en a alors profité pour ressortir tous les arguments qui avaient précédé le débat sur la réforme de la loi sur la bioéthique en 2011: il ne s’agit pas d’être vivant mais simplement de cellules prises sur des embryons conservés qui ne serviraient à rien sinon, et en plus cela peut guérir des maladies. Il oublie bien sûr tous les arguments moraux opposés : 200 000 embryons sont conservés congelés,  travailler sur les cellules souches implique de détruire l'embryon, on ne s'en sert pas pour guérir des maladies mais pour les détecter in utero et éviter la naissance d'enfants handicapés, comme c'est le cas aujourd'hui pour 98% des trisomiques. On oublie les arguments scientifiques qui avaient permis de réorienter le débat, c'est-à-dire le fait que les recherches sont possibles à partir de cellules prises sur le placenta ou le cordon ombilical. Hollande n'est pas amnésique, il veut occuper la place, celle depuis laquelle on peut non plus seulement attaquer le handicap à la souche (4), mais aussi, par extension, l’ensemble de l’humanité. C'est l'homme de l'avenir, c'est l'homme de la chute. Les cibles choisies par les tyrans, que ce soit les Juifs d’Hitler ou les bourgeois de Staline, ne sont toujours que le combustible d’amorce pour lancer le feu qui détruira l’humanité dans sa totalité. Le seul message de Hollande peut se résumer ainsi : on ne va pas s’arrêter là, on va relancer la machine du progrès, nous n’avons pas atteint le but.

Déni de mort

Jusqu'à maintenant, le débat sur l'euthanasie s'était maintenu globalement en dehors des sphères politiques. Hollande, par son parti pris, a donné ses lettres d'humanisme aux tenants de la légalisation. Dès lors qu'un sujet bascule dans la radicalisation, dès lors que la gauche s'empare d'une posture, on sait désormais que le combat est d'avance perdu. La société étant attirée comme un aimant vers la facilité des idées de gauche, on finira par légaliser ce droit. Il ne reste plus qu'à freiner. Jean-Luc Romero, président de l'ADMD, l'a bien compris, et c'est la raison pour laquelle, il a enfoncé le clou en mobilisant ses troupes pour la réalisation outrancière du montage de sa campagne. Le Pen, Sarkozy et Bayrou sur leur lit de mort.  Jean Leonetti auteur d’une loi sur l’accompagnement des personnes en fin de vie a demandé au candidat socialiste François Hollande de condamner la méthode employée par l’ADMD. Marine Le Pen espère juste que ses enfants ne tomberont pas sur les images et Bayrou affirme fièrement qu'il n'a aucunement peur de la mort qu'on lui met sous les yeux par ces montages photos.

 

Jean-Luc Romero est tout fier de son intrusion dans la campagne présidentielle. Non pas pour faire avancer le débat mais pour radicaliser l'opposition entre la droite et la gauche, seule opportunité pour lui de rendre définitivement moderne son idée, seule opportunité de parer son attirail de lois nazies des atours de l'humanisme triomphant de niaiserie. La droite est morte à ses yeux. En tous cas, il le souhaite. Là encore, grâce à l'artifice de la dialectique, il va devenir impossible de débattre sur les expériences belges ou suisses, l'augmentation de 250 % des piqûres létales en Belgique depuis 6 ans, d'évoquer les 76 mineurs euthanasiés en Belgique depuis le vote de la loi, il sera provoquant de parler des risques de dérives, il sera vulgaire voire peut-être même "dégueulasse" d'évoquer les soins palliatifs. Oser parler des consciences et de cette seconde où tout bascule dans l'esprit de l'agonisant, cette seconde où les candidats au suicide renoncent à sauter, cette seconde où les candidats à l'euthanasie veulent s'accrocher à la vie sans ne plus pouvoir l'exprimer. Tout cela sera déplacé. Toute morale peut se retourner comme un gant, l'ordre des valeurs peut être inversé, et la charité mise au service du crime.

Hollande est bien vivant, il mourra sans doute avec autant de romantisme et de dignité que la mère de Jospin, et si il est élu, il dirigera la France sans doute comme lui. Là encore, on veut se servir d'une loi non pas pour régler un problème social, mais pour changer radicalement la société, pour opérer un virage philosophique, pour définitivement tourner le dos à la civilisation. Une société qui est décidée à prendre le risque du crime, une société où le doute ne bénéficie plus à la victime, une société où le principe de précaution passe par l'extermination. Il faut dire que face au scandale de la mort et confrontés à notre incapacité à s'éterniser, la facilité réside dans le fait d'adorer ses limites, de décider dans ses limites, de décéder dedans. La seule réaction saine est sans doute celle de Jed Martin, le héros  de "La carte et le territoire" de Michel Houellebecq. Jed Martin ne sort de sa torpeur et de son aboulie que lorsqu'il est confronté à l'euthanasie de son père à l'institut Dignitas en Suisse. A coup de gifles, d'uppercuts et de coups de pieds sur l'employée de la société du suicide assisté, il vomit ce nouveau monde où la mort est devenue proprette. Et bien Jed Martin, c'est vous et, la femme d'accueil de Dignitas, c'est Hollande. Vos uppercuts : d'abord votre bulletin de vote, puis, si vous tenez à vous défouler, un punching-ball avec en impression sur le ballon le visage amaigri  et compréhensif de "Mimolette."

Le progrès commencera bientôt à manquer d'avenir

Prises les unes après les autres, toutes ces mesures ne sont que des mauvaises idées maquillées de bonnes intentions. Mais en package, cela devient l'attirail d'une société de science-fiction imaginée du type "Meilleur des mondes" ou "Soleil vert", c'est surtout le retour vers les camps de la mort. Les lecteurs de Dantec le savent : " les nazis ont perdu la guerre, mais le nazisme a gagné les esprits." Hollande voulant user de marqueurs de gauche pour sa campagne d'opposition au président sortant se fait simplement le candidat du nihilisme, du trash, de l'épuration, du nettoyage ethnique global. Le nazisme est rampant, insidieux aujourd'hui, il irrigue l'ensemble des humanismes, utilise la dialectique niaiseuse du moment, il est devenu l'empire du bien. Hollande en est l'effigie généreuse, le mannequin désirable. Le diable apprend sans cesse, il s'update. Les guerres sont des one-shot, même quand elles sont mondiales, ça ne dure pas assez longtemps, alors même que le travestissement de la morale s'inscrit dans la durée et rend plus efficace le déni de civilisation.

Bien sûr, ce n'est pas nouveau. L'humanisme révolutionnaire français s'est toujours construit sur la haine de la France, cette haine étant son seul moteur. La vraie différence, la vraie provocation d'aujourd'hui, c'est dans l'affichage sans fard des mesures, avec un simple habillage dialectique. La jouissance prise serait alors énorme pour qui aurait eu l'intention de faire du nazisme le genre humain. Imaginez Hitler faire un discours aux Juifs en liesse : je vous offre l'avortement de vos enfants à naître (anormaux et non désirés), je vous offre la recherche sur les cellules de vos enfants non nés conservés (anormaux et non désirés) pour mieux empêcher leur future naissance,  je vous offre l'euthanasie de vos vieux et de vos malades, je vous propose de vous marier entre hommes et entre femmes et d'adopter les enfants qui auront eu la chance de naître sans être désirés. Aujourd'hui nous avons la moitié de la France qui applaudit le cœur plein de fausse compassion.

Depuis plusieurs années, le pouvoir de droite a été le barrage empêchant la marche inéluctable du progrès sur l'humanité. Avec Hollande, nous pourrions parier sur le recul des "zones d’indignation protégées" dont l'utilité a été si bien décrite par Philippe Muray.

En 2022, le programme de Hollande serait l'avortement post-natal, le suicide assisté, la recherche sur les cellules des corps issus de l'avortement post-natal, le droit des homos à l'avortement post-natal en cas d'adoption ratée, la dépénalisation de la pédophilie vers les ados et préados. Ce n'est même pas faire preuve d'imagination, car le Journal of Medical Ethics dans son dernier numéro par la voix de deux chercheurs en bioéthique, Francesca Minerva de l’Université de Melbourne et Alberto Giubilini, de l’université de Milan, plaide pour le droit de supprimer des nouveau-nés, de la même manière que l’on peut avorter.(5)

En 2032, le programme de Hollande serait la rencontre enfin atteinte entre l'euthanasie et l'avortement, dans le suicide suggéré et le crime assisté, ce serait la transformation de toute personne en chair à jouissance. Ce serait peut-être ça l’enfer. Pire n’est qu’une question d’imagination. Mais rassurons-nous, quand cela arrivera, cela ne choquera plus personne. Les corps intermédiaires auront déjà fait leur travail de sape, de lavage des cerveaux. Tout le monde trouvera ces lois comme inéluctables, allant dans le bon sens... Pascale Clark trouvera "dégueulasse" de vouloir vivre. Le serpent se bouffe par la queue depuis un certain temps. La France sera entièrement digérée par son idéologie des Lumières en à peine trois siècles. Pour 2012, Hollande c'est toujours l'autre pays de quelque chose, mais ce n'est jamais la France.

Maximilien Friche

(1) La dépêche du midi - 04/03/2012
(2) Clash entre Pascale Clark et Louis Aliot - France Inter - 07/03/2012
/video/video.php/video/clash-entre-pascale-clark-et-louis-aliot-fn-
(3) Le nouvel Observateur - 09/03/2012
(4) /article/article.php/article/handicap-attaque-a-la-souche-5286
(5) Causeur - 08 mars 2012
 



Toutes les réactions (18)

1. 12/03/2012 13:34 - A. Durand

A. DurandLes medias commentant à l'envi les stratégies utilisées par les principaux candidats plutôt que le fond de leurs idées, il était temps de souligner les conséquences profondes de ces propositions choisies pour leur caractère peu coûteux économiquement et qui font "vraiment à gauche", afin de détourner le regard de l'immobilisme qui nous attend sur le front de la crise.

Je voudrais simplement rajouter comme future proposition, mettons pour 2027, l'autorisation de la polygamie et de la polyandrie. De même, "la société n'est pas encore prête aujourd'hui" mais l'expansion discrète du "polyamour" prépare le terrain et amènera à déconnecter ce pseudo-modèle de la référence musulmane qui lui est actuellement associée dans l'imaginaire français.

2. 12/03/2012 20:06 - berdol

berdolTrès bon texte et lien parfaitement vu entre les horreurs organisées avec un sourire suave par ce gland mou de Hollande et la philosophie des lumières.
Les liens entre les Lumières, l'occultisme et tous les délires de la post modernité faits par Muray dans le XIXe siècle à travers les ages sont confirmés ici à nouveau.

3. 12/03/2012 20:23 - Maria

MariaCes photographies sont ignobles.
Vous citez à juste titre Houellebecq et Dantec. Je suis loin de partager la vision de monde de chacun d'eux. Le premier est un nihiliste-malgré-lui et lucide, le second instrumentalise le christianisme, il en fait une idéologie ce qui revient à en faire un nihilisme au sens où l'entend Heidegger . Néanmoins, j'apprécie qu'ils aillent à l'essentiel, dans leur œuvre respective. Tous deux font un diagnostic lucide du nihilisme, en particulier Dantec lorsqu'il écrit que "le nazisme a gagné les esprits".
L'un des penseurs d'aujourd'hui les plus profonds , précis, lucides sur ces questions majeures de civilisation( l'euthanasie, le mariage gay et tout ce qui suit) est Pierre LEGENDRE, historien du droit et psychanalyste, auteur, entre autres, de "Dominium mundi. L'empire du management" (Ed. 1001 nuits,2007). On peut voir son film tiré de son livre sur le site de Zagdanski:
http://parolesdesjours.free.fr/empire.htm
A la fin du film, il conclut que la liturgie est par excellence le lieu de résistance à cet empire du management qui semble rendre inéluctable l'évolution que vous dénoncez. Je crois qu'il est possible de résister, malgré les apparences.
Je vous signale une conférence de Pierre Legendre, " La politique, le droit. Le silence des mots" le mardi 20 mars 2012, 17h-19h, au Lycée Louis-le-Grand, salle des conférences.

4. 13/03/2012 13:47 - Cadet de Gascogne

Cadet de GascogneDantec qui instrumentalise le christianisme pour en créer une idéologie, on lit vraiment n'importe quoi sur le web. Pitié de vous.

5. 13/03/2012 15:39 - Maria

Maria@Cadet de Gascogne
Mieux vaut faire pitié qu'envie d'un point de vue chrétien.
J'ai touché à Dantec sur Ring, le temple sacré de son culte, mon Dieu! Qu'ai-je fait!
Je n'ai pas employé le mot "créer" mais les mots "instrumentaliser" et "faire", en d'autres termes, mettre le christianisme au service d'une idéologie qui n'est pas celle de Benoît XVI, en l'occurrence.
Pouvez-vous me prouver que le christianisme de Dantec n'est pas une idéologie?
Quant à vous prouver qu'il en est une, je ne m'y risquerai pas, cela finirait forcément par l'intervention d'un modérateur comme cela s'est produit sur d'autres fils, ici, où certains ont osé s'opposer à Dantec, et cela sortirait de l'essentiel, le problème posé par Maximilien Friche.

6. 14/03/2012 10:14 - Cadet de Gascogne

Cadet de GascogneVous n'avez pas touché à Dantec, ne vous croyez pas être ne serait-ce qu'à sa cheville, restez humble et à votre niveau plutôt que de vous prendre pour ce que vous ne serez jamais.

Enfin, lorsqu'on affirme ce que vous avez écrit plus haut, il s'agit de démontrer en quoi votre hypothèse est sérieuse et non à la "prouver", ce qui laisse imaginer toute la bêtise et la vanité de votre personnalité.

Ceci dit, je ne vous répondrai pas si vous veniez à me commenter.

7. 14/03/2012 14:21 - Maria

MariaPour en revenir au texte de Maximilien Friche, relisons ce texte de Maurice G.Dantec:
http://www.mauricedantec.com/ article/article.php/article/les-derniers-hommes-libres
On peut y lire que la Suisse est le pays des derniers hommes libres, ce pays qui est LE SEUL au monde, LE SEUL, à planifier, organiser l'euthanasie dans l'institut Dignitas, à Zurich, que Houellebecq décrit si bien dans son livre. Et bien moi, que les derniers hommes libres parce qu'ils refusent les minarets sur leur territoire planifient le crime sur le même territoire, ça me fout les boules, Dantec aussi me fout les boules, j'espère bien ne pas arriver à ses chevilles, j'assume ma bêtise et ma vanité.

8. 14/03/2012 16:07 - Michael

MichaelD'un coté Mr Friche fustige les faussaires du systèmes et de l'autre il emploie les memes méthodes malhonnetes dans un colossal point Godwin. Le nazisme n'a rien à voir là dedans, ni Hitler, ni l'Holocauste. Il s'agit simplement de l'accélération d'une politique maintenant agée d'un demi siècle - et indépendnate des partis au pouvoir - visant à modeler les citoyens en consommateurs jouisseurs
dépourvus du moindre sens de la responsabilité et de la combattivité. "Bosse, consomme, le reste tu t'en balances, on s'occupe de tout"

9. 14/03/2012 20:46 - commequidirait

commequidirait@6 : Vos deux premières lignes ressemblent pourtant étrangement à celle d'un "fou de D...." portant allégeance à son gourou, relisez-vous : " Vous n'avez pas touché à Dantec, ne vous croyez pas être ne serait-ce qu'à sa cheville, restez humble et à votre niveau plutôt que de vous prendre pour ce que vous ne serez jamais."

C'est pas rien quand même....
Vous avez raison, chassez les impies et les incroyants !!!
Il vous arrive de pleurer la nuit, en pensant à Dantec ?

10. 15/03/2012 00:45 - victor

victorLe texte de Maximilien Friche est à mon avis une synthèse lucide et pertinente.

11. 15/03/2012 20:53 - Cadet de Gascogne

Cadet de GascogneUne saine lecture aussi.

12. 16/03/2012 21:44 - Aurélien

AurélienSuperbe texte Maximilien. Vous osez parler de valeurs, question qui est cruellement absente de cette campagne et pourtant ô combien plus capitale que celle de l'économie.
Je suis éducateur auprès de jeunes handicapés mentaux et atteint de troubles psychiques. Qu'elle n'est pas ma surprise renouvelée à chaque fois lorsque j'entends mes collègues gauchistes déclarer qu'il aurait mieux valu que ces jeunes ne naissent pas plutôt que d'être handicapés, blessés, etc... Et tout ce beau monde se dit humaniste!
Tout cela pour dire qu'effectivement le progressisme a déjà bien envahi le coeur de ce monde. Ne reste que nos mains pour en faire quelque chose et un petit bulletin à bien choisir...

13. 20/03/2012 21:35 - Judex

JudexMaria@ Je vis dans ce pays que Dantec qualifie "des derniers hommes libres" L'assistance au suicide ou l'acte de se donner la mort n'est pas une aliénation de ce que vous nommez la modernité. L'acte de se donner la mort remonte à des temps ou le judéo christianisme n'existait même pas. Cet acte peux être aussi un geste de courage, d'apaisement, de dignité ou d'honneur dans d'autres civilisations.
Que certaines religions le condamnent m'importe peu. Il est pour moi l'expression du droit imprescriptible d'être maître de sa vie et de sa mort et les conséquences post mortem de cet acte ne regardent que l'âme de l'intérressé avec son ou ses Dieux et même le néant auquel il a le droit de croire. Que des textes religieux ou moraux condamnent cette pratique m'importe peu. Vous avez, si cela vous chante, le droit de comparer Dignitas à une institution criminelle, pour ma part je me félicite que notre pays "d'hommes libres" lui donne la possibilité d'exister contre toutes morales religieuses ou étatiques afin que les libres penseurs, les agnostiques ou les athées puissent bénéficier de cet accompagnement. Je me fous immensément de ce que pense Dantec ou Benoit XVI, ce n'est pas eux qui vivront mes souffrances, mon agonie et les pérégrinations de mon âme dans la lumière et les mystères de ses espaces quantiques. Je respecte votre droit de condamner cette pratique, libre à vous de choisir la voie de la rédemption par la souffrance d'une agonie longue et glorieuse, mais n'imposez pas aux autres vos convictions. Ma relation avec mon "Dieu" ne regarde que moi et personne d'autre.

14. 21/03/2012 12:00 - Maria

Maria@Judex. Je ne conteste absolument pas le droit de se donner la mort. Ce que je conteste, et je vais dans le sens de Maximilien Friche, c'est l'institutionnalisation de l'euthanasie et pire, dans le cas de Dignitas, sa commercialisation, puisqu'il faut payer cette assistance au suicide. On voit émerger là un type de barbarie ( la planification de la vie et de la mort) qui est bel et bien dans la lignée du nazisme, ou, plus largement, l'ultime produit du nihilisme Nous sommes sur des positions métaphysiques opposées, en discuter davantage déborderait le cadre de simples commentaires.

15. 22/03/2012 03:45 - Judex

Judex@ Maria, Pourquoi ne pas déborder de ce cadre ? soyons fous...Il y a assez de place dans le cyber espace de Ring.
Le nazisme à établi une planification d'extermination et d'eugénisme.
La comparaison que vous faîtes avec l'acharnement thérapeutique ou l'assistance au suicide n'est en rien comparable. Quand à l'argument sur la prétendue bassesse d'une "commercialisation" de ces mesures, il est digne d'un communiste primaire. Les soins médicaux doivent bien être financés, ainsi que les services funéraires et les cultes religieux. L'aspect financier de ces "services" n'a rien à voir dans ce débat.
Le résultat d'un nihilisme (comme vous dites) serait de laisser mourir les gens sans tout tenter pour les sauver, ou tout faire pour leur nier le droit de quitter une vie dégradante de souffrances insurmontables.
Je veux bien qu'on rétablisse certaines valeurs que le consumérisme effréné à dégradé, mais le domaine de l'assistance au suicide est un progrès contre la tout puissance de l'ordre médical qui considère encore trop souvent que la mort est une erreur de la nature et qui s'acharne à vouloir prolonger la vie au delà de certaine lois physiologique universelles et pour des raisons souvent bassement commerciales.
Si l'euthanasie n'est pas institutionnalisées à travers des règles strictes, médicales, éthiques et légales, il s'ensuivrait des débordements et des extrémités que l'on ne trouve que dans la pratique clandestine et anarchique.
Si je suivais votre logique de "planification de la vie" jusqu'à son ultime conséquence, d'après vous, les soins médicaux devraient être gratuits pour être "éthiques", il devraient être limités dans certains cas ou la science contrerait un "plan divin" ou métaphysique.
Je crains que. contrairement à ce que vous prétendez, ce débat ne soit pas, pour vous, métaphysique mais plutôt religieux.

16. 26/03/2012 16:17 - Jesse Darvas

Jesse DarvasModernisme? Pourtant, il y a plus de deux cents ans, Mme Delbène présentait déjà à Juliette l'argument en faveur de l'avortement post-natal. Argument toujours considéré comme scandaleux, d'ailleurs, puisque les auteurs de l'article dont il est question ici ont été menacés de mort. Certaines choses répugnent donc encore aux humains, fussent-ils "modernes". Il y a encore un certain fossé, et même un abîme, entre la généralisation pratique du droit d'accès à l'IVG (déjà reconnu en théorie) et la reconnaissance de l'infanticide.

cf. cet extrait de Juliette de Sade: "La femme seule, dans le cas supposé, devient maîtresse de l’embryon; comme unique propriétaire de ce fruit plaisamment précieux, elle en peut donc entièrement disposer à son gré, le détruire au fond de son sein, s’il la gêne, ou après qu’il est né, si l’espèce ne lui convient pas, et dans tout les cas l’infanticide ne peut jamais lui être défendu. C’est un bien entièrement à elle, que personne ne réclame, qui n’appartient à personne, dont la nature n’a aucun besoin, et que, par conséquent, elle peut ou nourrir ou étouffer si elle veut. Eh! ne craignons pas de manquer d’hommes; il y aura plus qu’on ne voudra de femmes envieuses d’élever le fruit qu’elles portent; et vous aurez toujours plus de bras qu’il ne vous en faudra pour vous défendre et cultiver vos terres.”

17. 06/04/2012 17:47 - Sephirotth

SephirotthJe viens de lire mon premier article sur le Ring, et un tel laxisme intellectuel me donne envie de vomir. Je ne pense pas revenir ici

18. 07/05/2012 21:31 - buiduidan

buiduidanSur l'IVG, précisément : il est toujours amusant de lire l'expression d'un homme sur ce sujet, comme il est toujours navrant de lire l'expression des politiques sur la pauvreté, les deux démarches ayant ceci en commun que, bien entendu, elles confisquent la parole des concernés, en l'occurence, les femmes et les pauvres.
A ce moment de ma plaidoirie vont intervenir les cris habituels que j'anticipe : ah mais comment l'IVG concerne aussi bien les hommes que les femmes, il faut être deux pour faire un enfant etc.
A quoi je réponds que la problématique réellement en cause n'est pas l'IVG, soit le contrôle des naissances, mais bien l'élevage des enfants.
En effet, ceux que choque la possibilité offerte aux femmes de contrôler leur procréation, et elles contrôlent de toutes façons, légales ou pas, ceux-là donc, choqués, se gardent bien de soulever la question de la différenciation des tâches : mise au monde/maternage/élevage.

Comme s'il allait de soi que les femmes élèvent les enfants qu'elles mettent au monde.

Posez-vous la question. Vous qui revendiquez l'Enfant, comme ayant-droit du droit de vivre, dans tous les cas et à n'importe quel prix, veuillez s'il vous plaît envisager de passer disons 18 ans de votre vie d'adulte, au taquet 24/24, double journée/double peine, métro/boulot/dodo/ multiplié par 2, dans 18 ans, messieurs, on en reparle, de la liberté de vivre.
Ce n'est pas que la femme prétende interdire de vivre à l'Enfant, c'est que la femme prétend vivre. L'homme aussi, d'ailleurs, celui qui admet que la femme n'est pas la domestique fournie gratuitement et à domicile pour assurer et la reproduction, et le suivi des résultats au quotidien.
Par conséquent, tant que la situation ne changera pas, tant que les hommes et la société trouverons normal de transformer la moitié féminine de la population en personnel d'aide à domicile taillable et corvéable à merci, les femmes auront le droit et le devoir de s'assurer elles-mêmes de la défense de leurs intérêts personnels.

Ring 2012
Maximilien Friche par Maximilien Friche

Directeur littéraire aux éditions Ring. Ring Wall of Fame.

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    (propos recueillis par Christophe Ono-dit-Biot) pour Le Point, 22 mars 2012, pp. 54-57 ; texte publié avec quelques coupes sous le titre : « Israël joue le rôle du diable ». Cet entretien a...

  • A l’école de l’antimodernitéA l’école de l’antimodernité

    Puisque nous sommes en début d’année, puisque cette année sera politique ô combien, puisque, on me permettra cette très vaniteuse remarque, ma troisième saison au Ring commence aujourd’hui,...

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    Puisqu'on vous dit que vous les aimez. "TOP 50 : contre la crise, rire, métissage et proximité", voilà comment on nous présente le "sondage-événement" du JDD,...

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    Que le Premier ministre me pardonne ce jeu de mots sur son nom pour le titre de ce billet mais il est vrai qu'il convient de ramener à sa juste mesure la guerre que depuis quelque temps Rachida Dati...

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    Puisque dans ce domaine, la répression règne sans partage sur la prévention, sans que ça n'indigne personne, pas même Stéphane Hessel. Rééquilibrons les choses en faisant un peu de...

  • Poudlard for everPoudlard for ever

     A Raphaël Juldé, dernier arrivé à Poudlard mais premier reçu aux buses et aux aspics (maison Poufsouffle), et qui, d’après le professeur Trelawney rencontrera plus tôt qu’il ne le croit...

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    « Non seulement les races n’existent pas, mais en plus, elles sont toutes égales » (proverbe de Jalons)Je viens de finir Racisme : mode d’emploi de Rokhaya Diallo, et je sais désormais que je...

  • Séduction du conspirationnisme : Umberto EcoSéduction du conspirationnisme : Umberto Eco

    Entretien avec Pierre-André Taguieff (propos recueillis par Paul-François Paoli)Philosophe, politologue en historien des idées, Pierre-André Taguieff, qui prépare un nouveau livre sur les...

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    Foi profonde, révélation, référence culturelle inévitable, sujet de plaisanterie, de provocation, démarche commerciale, la figure, ou plutôt Les figures du Christ sont une source...

  • In Xto Rege : à la recherche du Jésus historiqueIn Xto Rege : à la recherche du Jésus historique

    Le premier thema Ring 2011 se déploiera sur neuf textes articulés autour des questions centrales posées par la matérialité de Jésus de Nazareth, la Passion, les reliques, leurs valeurs...

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    On connaît le linceul de Turin, ce grand morceau de lin sur lequel l’image du corps entier du Christ mort est incrustée. On connaît l’histoire de la photographie de 1898 révélant que...

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    Le texte qui prévoyait de légaliser l'euthanasie, examiné mardi au sénat, a été supprimé par deux amendements. S'il y avait bien quelque chose à supprimer, c'était ce texte, n’importe...

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    Sors d'ici, Louis-Ferdinand ! La République a choisi : l'ignoble sera au dessus du grand, pour l'éternité. Il ne faut pas célébrer le génie, parce qu'il est parfois antisémite. Oui, Céline...

  • Chemins de traversChemins de travers

    « Voici un étrange monstre », aurait (re)dit Corneille. La pièce que nous donne à lire Ariane Chemin dans son article sur le souper Houellebecq-Sarkozy du 14 novembre, pour être somme toute...

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    Biographe de Bashung, chroniqueur historique des Inrockuptibles, l'écrivain Marc Besse est aussi l'un des rares spécialistes de Noir Désir. Proche du groupe, cet écorché vif ne pouvait rester...

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    Cantona, qui envisage désormais la lucarne de l'Elysée, avait créé la polémique en 2011 avec sa première tentative de "révolution". Retour, avec Laurent Obertone, sur le premier coup de poker...

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    Et si Alain Bashung avait trouvé dans l’art de la reprise, un sens pour sa propre musique ? Voilà la relecture de l’œuvre que propose « Osez Bashung », un double album compilatoire qui met...

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    Ancien bras droit d'Antoine Gallimard, Teresa Cremisi est depuis 2005 PDG de Flammarion. Éditrice de Michel Houellebecq, la numéro 2 du groupe Corriere Della Sera répond aux questions soulevées...

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    Précisions : sur qui s’appuyer pour faire la révolution ?Comme dernier avatar après bien d’autres (on le verra plus bas), le bas clergé académique, tendance « sociologie critique », nous...

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